Les comptes des ventes 2024 sont désormais bouclés aux États-Unis d’Amérique (États-Unis), mais une question continue d’alimenter le débat : quel a réellement été le véhicule le plus vendu ? La Ford F-Series ou le Toyota RAV4 ?
En théorie, la réponse devrait être limpide. Pourtant, les chiffres publiés par JATO Dynamics - une société qui compile des volumes de vente, réalise des analyses de marché et propose des services de conseil - ont surtout semé la confusion.
RAV4 vs F-150 : un classement qui surprend
JATO a en effet placé le Toyota RAV4 en tête des ventes américaines, devant la Ford F-150 (et non devant l’ensemble Ford F-Series), pourtant référence historique sur le marché nord-américain. Ford n’a pas tardé à contester cette lecture.
De prime abord, les données semblent donner raison à JATO. Aux États-Unis, le Toyota RAV4 a signé une très bonne année 2024 : +9% de ventes, pour un total de 475 193 unités.
De son côté, la Ford F-150 a reculé de 5%, à 460 915 unités - soit un écart de plus de 14 000 unités par rapport au SUV japonais.
Comment interpréter les chiffres ?
Le point de friction se trouve dans la manière dont JATO « découpe » les ventes de la pick-up, une approche qui ne correspond pas à celle retenue par Ford.
L’approche de JATO Dynamics
Pour JATO, les ventes de la F-Series sont ventilées par déclinaisons : F-150, F-250, jusqu’à F-650. Chaque variante est donc comptabilisée séparément.
La méthode de Ford pour la F-Series
Ford, au contraire, a toujours additionné les ventes de la F-Series comme un seul et même ensemble.
Mike Levine, directeur de la communication produit chez Ford North America, a défendu cette position dans des déclarations à Road & Track : « Toutes les Ford F-Series, de la F-150 à la F-650, ont en commun la même architecture de cabine du pilier A au pilier C. Nous proposons plusieurs motorisations, châssis et options de style extérieur, selon les niveaux de finition ou les besoins professionnels ».
Levine ajoute que la logique est comparable sur d’autres modèles, « comme le Toyota RAV4 ou la Porsche 911, qui proposent eux aussi plusieurs motorisations, transmissions, châssis et options de style à leurs clients, selon leurs besoins et leur usage. »
L’argument avancé par Ford se comprend aisément : ce serait, par exemple, l’équivalent de séparer les ventes du Ford Transit en deux versions - empattement standard et empattement long - au lieu de le traiter comme un modèle unique.
Dès lors, si l’on additionne toutes les variantes de la Ford F-Series, on arrive à 765 649 unités vendues aux États-Unis en 2024. Et même en ne retenant que les F-Series classées comme « véhicules légers » - les F-150 et F-250 -, la pick-up de Ford reprend l’avantage avec 629 751 unités. Aux États-Unis, un véhicule est considéré comme léger jusqu’à un poids total autorisé en charge de 4536 kg (10 000 livres) ; en Europe, le seuil est fixé à 3500 kg.
Qui a raison ?
Ford n’est pas la seule marque concernée par ce choix méthodologique de JATO. Chevrolet, GMC et Ram voient également les ventes de leurs grandes pick-up (full size) ventilées entre différentes versions.
Il reste donc à trancher sur la lecture « correcte », mais il est clair que le tableau de ventes de JATO, lorsqu’on le compare à celui d’autres organismes, donne une vision différente du marché américain.
Cela dit, un fait demeure : le Toyota RAV4 a bel et bien devancé, spécifiquement, la Ford F-150 - un événement rare. La dernière occurrence remonte à 2009, pendant la crise financière, lorsqu’une autre Toyota, la Camry cette fois, avait dépassé la F-150. Et là encore, selon les chiffres communiqués par JATO.
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