Aller au contenu

Permis de conduire gratuit : l’ANIECA s’oppose au programme de service militaire volontaire « Defender Portugal »

Femme montrant une carte de conduite devant une auto-école avec une expression déçue.

Le 4 mai, le PSD et le CDS-PP ont déposé à l’Assemblée de la République une proposition visant à créer un programme de service militaire volontaire baptisé « Defender Portugal », destiné aux jeunes de 18 à 23 ans. Parmi les incitations envisagées pour attirer de nouveaux volontaires vers les Forces armées, une mesure a immédiatement fait réagir : l’obtention gratuite du permis de conduire, au sein d’établissements militaires agréés, pour les participants ayant mené le programme à son terme.

Selon le Projet de Résolution N.º 899/XVII/1.ª, ce dispositif entend « renforcer le lien entre les nouvelles générations, leur pays et l’institution militaire ». Mais l’annonce a suscité une vive contestation du côté du secteur privé de l’enseignement de la conduite.

Le programme « Defender Portugal » : objectif et incitation du permis de conduire gratuit

La proposition s’inscrit dans une logique de rapprochement civique et institutionnel, en misant sur un parcours volontaire au sein de l’armée. L’accès au permis de conduire gratuit - conditionné à la завершение du programme - se distingue toutefois comme l’élément le plus controversé, en raison de ses effets potentiels sur un marché aujourd’hui structuré autour d’acteurs privés.

Les opposants

L’ANIECA (Associação Nacional de Escolas de Condução Automóvel) a réagi dès le lundi 4 mai, en exprimant sa « profonde préoccupation » dans un communiqué. « Même si l’on reconnaît comme positif l’objectif de renforcer la formation civique des jeunes dans un contexte marqué par l’aggravation des tensions géopolitiques, cette mesure soulève de sérieuses questions quant à son cadre et à son impact sur le secteur », peut-on y lire.

Un secteur encadré, et la crainte d’une concurrence déloyale

L’association rappelle que l’enseignement de la conduite au Portugal constitue une activité réglementée, assurée par des entités privées certifiées, garantes de standards de qualité et de sécurité. En mettant en place un mécanisme parallèle en dehors de ce cadre, l’État, selon l’ANIECA, « créerait des distorsions injustifiées et ferait une concurrence déloyale à un secteur qui contribue chaque année aux caisses de l’État ».

Le communiqué souligne aussi que la formation à la conduite en contexte militaire poursuit des « objectifs spécifiques et clairement délimités », tels que définis par le Décret-loi n.º 264/94 du 25 octobre. Étendre ce dispositif afin d’en faire une incitation généralisée pour des jeunes civils, soutient l’association, « dénaturerait complètement la finalité de cette formation spécialisée ».

Pour António Reis, président de l’ANIECA, l’enjeu ne laisse pas place au doute : « Nous ne pouvons pas accepter des solutions ponctuelles qui, sous prétexte de facilitation administrative, superposent l’État au secteur privé et finissent par désorienter encore davantage un objectif qui devrait être un dessein national : une formation routière cohérente, garantissant la réduction de l’accidentalité ».

Hausse de l’accidentalité

Ce projet de résolution intervient alors que le Portugal est confronté à des niveaux d’accidentalité jugés préoccupants. Il convient de rappeler qu’après la fin, le mois dernier, de l’Opération de Pâques - qui s’est soldée par 20 victimes mortelles - le Gouvernement a annoncé, parmi plusieurs mesures, une révision du Code de la route et la fin des annonces des opérations STOP. Sont également évoquées de nouvelles limites de vitesse maximale à l’intérieur des agglomérations.

Appel à une réévaluation avant d’avancer

Face à ce contexte, l’association demande une « réflexion sérieuse et responsable » sur la proposition avant toute mise en œuvre.


Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier!

Laisser un commentaire